Deux tortues bonne écaille ont été remises à l’eau, jeudi, par les océanographes de l’Aquarium du lagon après avoir été soignées dans l’établissement.
Une des tortues avait été récupérée voici deux semaines sur la plage, à gauche du Rocher à la Voile. Elle était en bonne santé mais, l’ignorant, la personne l’ayant trouvée l’avait amenée à l’aquarium. « La relâcher aurait suffi mais on ne peut pas reprocher à la personne l’ayant trouvée d’avoir eu le réflexe de l’amener », explique Aurore Candau, chargée de projet à l’aquarium. « Cela nous a permis de l’examiner et de la nourrir pour une remise dans son milieu naturel dans les meilleures conditions. » La jeune femme travaille dans le cadre de l’ Initiative tortues marines Nouvelle-Calédonie » développée par l’Aquarium du lagon grâce à un financement du National Marine Fisheries Service (NMFS) américain.
Soignée aux antibiotiques
L’autre tortue était traitée depuis deux ans et demi à l’aquarium. Elle avait été récupérée en piteux état par un pêcheur dans un filet posé en face du centre Tjibaou. On l’a soignée aux antibiotiques puis nourrie afin qu’elle reprenne des forces jusqu’à ce qu’elle soit apte à être libérée dans le lagon. Les deux animaux ont été rendus à leur milieu près du récif de la réserve au nord-est de l’îlot Maître après avis du docteur vétérinaire Jean-Christophe Vivier. Leur mise à l’eau a été filmée et les images montrent qu’elles ont retrouvé toute leur vivacité et trouveront aisément à se nourrir dans leur nouvel environnement. L’opération a été conduite par Aurore Candau avec la collaboration de Nicolas Morezzi, stagiaire de l’université, chargé de l’élevage des tortues à l’aquarium. La manipulation a été suivie avec beaucoup d’intérêt par le président de l’Association pour la sauvegarde de la nature de Nouvelle-Calédonie (ASNNC), Jean-Louis D’auzon. Outre le sauvetage des animaux directement concernés, elle entre dans le cadre des interventions contribuant à la sensibilisation du public sur la protection des tortues marines.
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Une trop bonne écaille qui les met en danger
La tortue bonne écaille est aussi appelée tortue imbriquée et son nom latin de classification est Eretmochelys imbricata. Elle fait partie de l’ordre des cheloniens et de la famille des chélonidés. Elle est présente dans les eaux tropicales et subtropicales de l’océan Atlantique, de l’océan Indien et de l’océan Pacifique. Elle peut atteindre 95 cm pour un poids moyen de 60 kg. Son nom de tortue imbriquée vient de la position de ses écailles, disposées comme des tuiles. Son autre nom de tortue bonne écaille telle qu’elle est appelée en Calédonie vient de l’usage de son écaille dans la production d’objets de luxe. On emploie aussi l’expression « tortue bonne écaille » pour parler d’une jolie fille. Si les belles Calédoniennes ne sont pas en danger, il en va tout autrement de la tortue imbriquée dont la surexploitation dans les année 1940-1950 a mis l’espèce en danger. Depuis, elle est classée dans les espèces protégées par la convention de Washington qui réglemente le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (CITES). Les mesures de protection concernent les individus adultes, autant que les œufs ou les juvéniles, qu’ils soient vivants ou morts, et sont applicables à l’échelon international.
Hervé Girard
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