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Laura la tortue a repris la mer plage du Prophète (CestMed)

Des caméras, des photos, des enfants qui sautillent. Balise ARgos sur la carapace, Laura n’a mis que quelques minutes pour quitter la plage des prophètes

Les cris des enfants et les flashes ont à peine perturbé Laura. Un petit tour sur le sable qui a vu ses ancêtres pondre au début du siècle dernier et la demoiselle de trente ans s’en est allée gracieusement. Relâchée hier matin sur la plage du Prophète (7e ), Laura est la première tortue marine à connaître ce plaisir à Marseille.

Pendant qu’Oriane, 9 ans ou Benjamin, 7 ans, prenaient des photos pour les montrer en classe après les vacances, Jean-Baptiste Sénégas observait sa protégée sans un mot. Les yeux un rien humides. "C’est émouvant de relâcher un animal après l’avoir soigné pendant plusieurs mois. Seule la balise Argos que nous lui avons mise sur la carapace nous permettra désormais de la suivre."

Responsable du Centre d’étude et de soins des tortues en Méditerranée (CestMed), au Grau du Roi dans le Gard, il a recueilli Laura en août dernier. Elle avait été trouvée par un pêcheur, échouée et affaiblie sur la plage du Jaï, au bord de l’étang de Berre. "Nous lui avons fait des radios et des prises de sang avant qu’elle ne recommence à s’alimenter, précise Jean-Baptiste. Le mieux est de la garder le moins longtemps possible, même s’il nous est arrivé d’en soigner pendant plus de deux ans sans qu’elles ne perdent leur instinct."

Dix-huit tortues ont ainsi été repêchées et orientées vers le CestMed avant d’être remises à l’eau. Repartie du Grau du Roi la semaine dernière après s’être pris les pattes dans un chalut, Ovalie, une tortue Caouanne de 35 kilos comme Laura, navigue déjà du côté de Barcelone. "Elles peuvent faire 40 kilomètres par jour et 5 000 dans l’année pour rejoindre leur lieu de ponte, en Grèce ou en Lybie."

A condition d’éviter les filets de pêche, les collisions avec les bateaux ou les sacs en plastique qui peuvent les étouffer. "Même au large, les déchets flottants sont nombreux, assure Philippe Labrousse, marin venu hier sur la plage raconter ses rencontres avec les tortues aux Baléares ou un orque près d’Alger. C’est bien de sensibiliser les enfants." Seules 5 000 tortues vivent encore en Méditerranée, cherchant tant bien que mal un bout de plage tranquille.

Par François Tonneau

Suivez les déplacements de Laura sur le site CestMed

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