Le projet de carrière de sable à la pointe Vidoire, en baie de Nessadiou, a fait réagir les bénévoles de « Bwara Tortues marines ». Inquiets pour les tortues grosses têtes qui viennent pondre sur la plage de la Roche Percée, ils lancent un cri d’alarme auprès de la population.
La plage de la Roche Percée est le deuxième site le plus important du Pacifique sud en termes de ponte des tortues grosse tête. Celles-ci sont classées, « menacées d’extinction » par l’UICN. Lors de la dernière saison de ponte, les bénévoles de l’association « Bwara Tortues Marines » ont arpenté la plage pour mieux observer et comprendre ces animaux qui vivaient déjà il y a cent millions d’années. Plusieurs constats ont été faits à cette occasion. Ainsi, lorsque les femelles viennent pondre leurs œufs sur la plage, elles sont très sensibles aux bruits, aux lumières, aux vibrations... À la moindre agitation elles font immédiatement demi-tour. Par ailleurs, elles restent deux mois dans la baie et le lagon car elles pondent quatre fois, avec des intervalles de quinze jours entre chaque ponte. Enfin, les observateurs ont relevé que la saison de ponte est très éprouvante pour ces tortues protégées. En général, elles mettent deux à cinq ans pour revenir pondre une nouvelle fois sur le site.
Prise de conscience nécessaire
Après avoir pris connaissance du dossier d’extraction de sable à la pointe Vidoire, et au vu de leurs observations, les membres de Bwara Tortues Marines, ont émis de lourdes réserves sur la fiabilité d’un tel projet. A la fois en raison de la menace de disparition de ces tortues marines, mais aussi des nuisances causées aux riverains, aux touristes, aux surfeurs, à la faune en général à la flore et aux coraux. Pour les adhérents de Bwara-Tortues Marines, en effet, dynamitage, concassage, lavage du sable et son transport sur le lieu de séchage, stockage et transfert des matériaux par camions vers les bateaux, de 40 à 60 mètres dans la baie, vont à l’encontre de la pérennité de la saison de ponte des tortues grosses têtes. Prendre conscience du patrimoine naturel, de son exceptionnelle richesse mais aussi de sa fragilité, et d’une manière générale protéger l’environnement, sont quelques points sur lesquels les membres de l’association voudraient faire réagir la population et les décideurs. « Les tortues grosse tête viennent pondre sur nos plages depuis des millions d’années. Respectons-les sinon elles disparaîtront pour toujours. Il ne tient qu’à nous d’en prendre conscience et de réagir » a souligné Dominique, un bénévole de l’association.
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