En vue d’améliorer la protection des six espèces de tortues marines vivant le long de la côte atlantique d’Afrique, vingt-trois pays signataires de la Convention sur les mesures de conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Cms) réfléchissent depuis hier, à Dakar, sur comment harmoniser les stratégies de sauvegarde de l’espèce.
Face à la diminution progressive et alarmante de la population des tortues marines, les vingt-trois pays africains de la côte atlantique, allant du Maroc à l’Afrique du Sud ont ouvert, sur initiative de la Convention sur les mesures de conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Cms), la signature du Mémorandum d’Abidjan en 1999 en vue d’améliorer l’état de conservation des tortues marines dans cette façade atlantique africaine. A nos jours, près de 80¨% des pays de l’aire de répartition ont signé ce mémorandum. ‘Avec ses 14 000 km de côte qui s’étendent du Maroc à la République sud-africaine, la côte atlantique africaine est une zone d’intérêt pour six des huit espèces mondiales de tortues marines’, rappelle Ndèye Sène Thiam, coordonnatrice de l’Unité régionale des tortues marines de la côte atlantique de l’Afrique (Urtoma) sous l’égide du Secrétariat intérimaire du volet environnement du Nepad (Sinepad). Ces six espèces de tortues qu’on rencontre le long de la côte atlantique sont la tortue verte (Chélonia mydas), la caouanne (Caretta caretta), la tortue luth (Dermchelys coriacea), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la tortue imbriquée (Lepidochelys imbrication) et la tortue Kemp (Lepidochelys kempii).
D’après l’analyse qu’en a faite Ndèye Sène Thiam, ‘Cette décroissance est en partie due essentiellement à une exploitation excessive directe et occasionnelle, des prises accidentelles d’engins de pêche, ainsi que la dégradation des habitats et des plages de nidification des tortues par le tourisme’. Ainsi, il n’y a pas longtemps, on attrapait jusqu’à 20 tortues marines par jour à Joal. Mais, grâce à la sensibilisation des défenseurs de l’environnement et la collaboration des populations, cela n’est qu’un vieux souvenir puisque l’espèce est protégée à Joal.
Ouvrant la rencontre hier, le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature, des Bassins de rétention et des Lacs artificiels, Sidy Gaye, a indiqué que ‘la survie des tortues marines et de tous les mammifères marins en général : dauphins, requins, baleines, lamantins et autres, est un défi du millénaire qui nous interpelle tous’. Et de révéler que ‘devant la rareté des ressources de la pêche et la diminution des tonnages de poissons débarqués, nous assistons à certains endroits à une pêche ciblée de ces espèces’. Aussi lance-t-il un appel au Programme des Nations unies pour l’environnement, au Secrétariat de la convention pour les mesures de conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Cms) et à l’Unité régionale des tortues marines de la côte atlantique de l’Afrique (Urtoma) pour qu’ils coordonnent leurs efforts pour la mise en place d’actions concertées de conservation et d’exploitation des tortues marines le long de la façade atlantique. Dans ce sens d’ailleurs, des programmes régionaux et sous-régionaux se mettent progressivement en place pour dynamiser les actions en faveur des tortues marines. Le plan de conservation des tortues marines annexé au Mémorandum d’Abidjan et finalisé en 2002 prévoit une meilleure connaissance des espèces en matière de recherche scientifique.
La zone couverte par l’Urtoma est caractérisée par trois langues différentes, à savoir le français, l’anglais et le portugais. C’est la raison pour laquelle, les vingt-trois pays ont convenu de travailler en réseaux fonctionnels et dynamiques. De même, les pays signataires du Mémorandum d’Abidjan ont décidé d’alimenter correctement la future base régionale de données qui permettra de disposer de toutes les informations collectées et disponibles sur les tortues de la côte atlantique de l’Afrique.
Mamadou SARR
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