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Kélonia déménage un nid de tortue verte

par B.M - le 22 avril 2007

Kélonia vient de relâcher une quarantaine de tortues vertes. C’est ainsi, une quarantaine de spécimens qui ont été sauvés des griffes de Gamede. Les œufs avaient été transportés du lieu de ponte dans les locaux de la structure avant que la plage qui les abritait ne soit emportée par la houle.

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Une plage proche de Boucan. Fin janvier. Les traces caractéristiques laissées dans le sable indiquent qu’une tortue verte a fait son nid dans les parages. Kélonia a repéré le site de ponte. Presque un mois plus tard, Météo France lance l’alerte : Gamede arrive et il est accompagné de fortes houles. L’équipe de Kélonia se mobilise et organise le déménagement des œufs le 24 février. “Si on avait laissé le nid sur place, il aurait été emporté par les flots”, explique Bernardin Ouaratta, technicien soignant. D’ailleurs, la plage a totalement été balayée deux jours plus tard. Une opération extrêmement délicate qui n’avait jusqu’à ce jour jamais été menée à La Réunion. L’équipe est aux petits soins. Et pour cause, il faut éviter tout choc thermique, positionner les œufs, à l’intérieur desquels les embryons ont commencé à se développer depuis trente jours, dans le même sens... Le tout pour éviter le moindre accident. Placés dans des caissons, protégés par des lits de sable, 75 œufs des 100 recensés dans le nid sont transportés en lieu sûr dans les locaux de Kélonia. Vingt-cinq seront “abandonnés” sur place pour “laisser faire la nature”. Au bout du compte, ces derniers seront emportés par la colère de Gamede. Quant aux autres, même choyés par l’équipe de Kélonia, ils n’ont pas tous survécu. Seulement 40 œufs ont éclos, soit “un taux d’émergence de l’ordre de 53 %”. Preuve pour les scientifiques de l’observatoire des tortues que “l’incubation in situ doit être privilégiée” si les conditions le permettent.

Les Mascareignes ont leur propre colonie

Des incubations in situ peu observées sur nos plages. En effet, “c’est assez exceptionnel d’assister à une ponte à La Réunion”, souligne Bernardin Ouaratta. Il poursuit : “On n’en recense pas énormément. 2004 avait été une année exceptionnelle. Nous avions pu suivre trois ou quatre pontes cette année-là. La période de ponte s’étend du mois d’octobre à janvier. Les éclosions se déroulent entre février et mars. Mais, les conditions ne sont pas idéales sur nos plages, elles sont trop éclairées”. Quoi qu’il en soit, les juvéniles ont récemment été relâchés sur une plage de l’ouest. Et c’est, une très bonne nouvelle pour la colonie de tortues vertes (chelonia mydas) qui colonise nos côtes. Elle gagne des individus et des reproducteurs... En effet, les femelles nées de cette portée reviendront dans “quinze à vingt ans pondre à leur tour sur ces plages, si les conditions le permettent”. Enfin, cette expérience permettra d’accroître nos connaissances concernant cette espèce. Avant d’être remise à l’eau, les tortues vertes ont subi une batterie de prélèvements. Les données permettront d’infirmer ou de confirmer certaines hypothèses. En effet, une étude menée par une thésarde sous la houlette de Kélonia et de l’Ifremer montre que le patrimoine génétique des tortues pondant à La Réunion diffère de celui des autres spécimens du Sud-ouest de l’océan Indien. Ainsi, cette colonie, baptisée des Mascareignes, est qualifiée de “résiduelle”. Il s’agit des survivants de siècles de chasse, d’urbanisation et autres attaques de l’homme. Son évolution s’est faite hors des échanges avec les autres colonies de la région, notamment celles des Îles Éparses.

B.G.

-  Une population en augmentation Depuis 1998, Kélonia et l’Ifremer surveille la population de tortues vertes de La Réunion entre le Cap La Houssaye et Saint-Leu. Environ deux survols par mois offrent une petite vue de l’état de la colonie péï. “On en observe environ 20 à 30 à chaque vol”, souligne Bernardin Ouaratta. D’ailleurs, ce suivi lui permet de dresser un constat plus que positif : “La population est en augmentation depuis plusieurs années”.

(Source : Clicanoo)


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